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Ravissement

10th May 2010

Le Ponte Vecchio florentin est mondialement connu. L’endroit est hyper touristique, et les amoureux aiment venir choisir leurs alliances dans une des nombreuses et minuscules joailleries qui y logent. Mais ce n’est pas de ce vénérable pont (somme toute assez hideux) dont je veux vous parler.

A deux pas de là, une petite église se cache. Elle ne paie pas de mine, et se fond dans son quartier. Mais si on a la patience d’attendre qu’elle ouvre (et oui, il y a des horaires assez stricts pour visiter les églises italiennes), qu’on glisse une pièce dans le système (payant donc, comme dans la majorité des lieux sacrés d’Italie) d’éclairage de la deuxième chapelle à droite en entrant, on découvre… Un tableau mal éclairé.

C’est après une bonne demi heure de contemplation que le gardien des lieux, amadoué par mon silence admiratif et mes nombreuses tentatives (ratées) de prendre un cliché net, échange quelques mots avec moi (non, je ne parle pas italien… En fait, c’est une langue qu’on comprend, d’où qu’on vienne !), puis glisse sa main derrière la grille – toutes les oeuvres des églises sont aujourd’hui protégées, et je m’en réjouis – et allume… un lampadaire halogène surpuissant.Me voilà mi-ravie, mi terrorisée : la lumière violente ne risque t-elle pas de détruire les couleurs si vives du tableau de Pontormo ? Je prends quelques photos, me sentant vaguement coupable, puis implore le maître des lieux d’éteindre l’objet du crime : je préfère caresser la toile des yeux dans pénombre de cette fin d’après-midi de mars plutôt que de contribuer à la disparition d’un tableau maniériste aussi représentatif. Dépouillé de cette explosion de teintes que d’aucuns ont qualifiées de criardes, il ne serait plus le même.
J’aime aussi la composition de cette Déposition : l’oeil se promène de manière fluide, sans réaliser que l’artiste le guide dans les méandres de son oeuvre. Et puis j’aime retrouver ces visages d’un tableau à l’autre ; ils me rendent le travail de Pontormo familier.

Les italiens sont peut-être, à l’image de ce gardien d’église, accueillants et aimables… inconséquents parfois ?

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