That's how I like it


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Petite expérience amusante

15th September 2011

L’écologie est à la mode – attention au lavage de cerveau -, et l’austérité l’économie aussi. D’ailleurs, comme vous l’aurez remarqué, ça rime. Elles «vont très bien ensemble, très bien ensemble».

J’essaie de contribuer à la sauvegarde des ressources naturelles. Dans de nombreux domaines, j’y parviens : j’ai banni le jetable, le prêt à consommer, pour limiter mes déchets. Je veille farouchement à ma consommation électrique, et ne remplace un objet que lorsqu’il est en bout de vie. Même mes loisirs (roller, vélo) sont écolos ! Je suis devenue majoritairement locavore, c’est dire !

Il restait un bastion du gaspillage à attaquer, l’épée aux dents tout en criant «À l’assaut !» (je ne vois pas où est le problème) d’une voix assurée et…

pas réjouie. Pas ravie du tout. Adieu, moment de détente du soir, relaxation physique, adieu mes quelques (dizaines de) minutes où le corps meurtri par une longue journée de dur labeur – à mon bureau, à siroter du thé – se relâche enfin…

Illustration honteusement chipée sur le très chouette blog de 

C’est pas possible. Je n’y arriverai pas. Et pourtant, la logique me hurle de passer à la bonne vieille « Navy shower ». L’expérience menée pas plus tard qu’hier l’a incontestablement prouvé, les chiffres sont on-ne-peut-plus parlants : un bain (j’en prends très rarement) consomme plus de 100 l d’eau (jusqu’à 200 si la baignoire est spacieuse) ; une douche comme je la pratique – c’est-à-dire à deux, et n’allez pas penser à des choses de nature sessuelle, c’est l’économie des ressources qu’on vise, et RIEN d’autre !) réclame un peu plus de 40 l, ce qui est déjà beaucoup plus raisonnable… Une douche version épurée, qui consiste à ne faire couler l’eau que deux fois, une pour s’humidifier avant le shampoing et le lavage et la seconde pour se rincer – et un peu quand même quand le shampoing coule dans les yeux, hein, on n’est pas des tortionnaires – ne demande que… 18 litres. À 2. Soit 9 litres par personne.

C’est désopilant. Je n’ai donc plus le choix : je suis bien obligée de substituer à ma pause chaleur quotidienne un épisode tonifiant de frottage énergique à la brosse en fibres naturelles, qui me réchauffe tout aussi efficacement.

Bilan ? Globalement positif :
J’économise au moins 11 l d’eau par jour. 335 l par mois. 4 m3 par an. C’est ÉNORME !
Cette eau, je n’ai pas à la chauffer. C’est autant de gaz naturel (désolée, je ne suis que locataire, l’appartement à bilan énergétique positif n’est pas pour tout de suite) qui ne s’envole pas en CO2.
Je passe deux fois moins de temps sous la douche. D’ailleurs, je ne sais pas encore ce que je vais faire de tout ce temps gagné. Ah, si, le consacrer à mon adorable (non, je n’ai pas oublié un mot. J’ai bien écrit : mon adorable).
L’effet secondaire de la friction – en dehors d’un rougissement généralisé et d’une sensation presque cuisante – c’est la douceur et la lissitude l’aspect satiné de la peau. La fermeté, aussi. J’arrête là, on risquerait de me prendre pour une de ces blogueuses mode, plus focalisées sur la couleur de leur prochain vernis à ongles que sur la valeur inestimable de l’eau douce.

P.S. : j’ai eu beau chercher, je ne trouve pas d’expression pouvant correspondre à « Navy shower » en français. Un comble pour une traductrice professionnelle ! Je vous proposerais bien «douche marinière», ou plus sérieusement «écodouche», mais si vous avez mieux à m’offrir, je suis preneuse !

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