Nos chemins se sont croisés par hasard, au détour d’un pique-nique urbain fort plaisant.

Comme une petite graine, l’idée a germé : pourquoi pas moi ? Pourquoi pas nous ?

Au fil des jours, l’envie s’est faite plus forte, jusqu’à ce que finalement, je craque…

Et tant pis si mes ongles sont mi-courts (à gauche), mi-longs (à droite) et que des cals viennent défigurer protéger (non sans quelques fourmillements) le bout de mes doigts !

Je suis vraiment tombée amoureuse de mon uke – youk, ça se dit youk, à l’anglaise ! Voyons !

Contrairement à ma guitare, qui prend la poussière, j’en joue tous les jours.

Parce que franchement, au bout d’une heure à apprivoiser la petite bête, on sait y plaquer quelques accords et la gratouiller dans le sens du poil. C’est l’instrument le plus accessible, le plus humble, le plus joyeux – les sonorités hawaïennes, sans doute – que je connaisse.

Petit – enfin, le mien est un format concert, c’est à dire environ 10 cm plus long que le soprano, qui fait dans les 50 cm, soit (vous aurez fait le calcul vous même) 60 cm de longueur totale – on le trimballe partout. Tout naturellement, il s’est fait une place dans mon existence.

Quand l’envie m’en prends, ou que je me sens un peu molle, que le moral vacille, que je m’ennuie ou que j’ai simplement besoin de faire une pause, j’attrape mon ukulélé (prononcé oukoulélé, s’il vous plaît, comme on le fait par chez lui) et je joue. Et je chante aussi. Non, les voisins ne se plaignent pas : le son de ce petit instrument rigolo ne porte pas très très loin, et je ne hurle pas, je chantonne seulement.

Pour m’aider à ne pas trop casser les oreilles à mon entourage, et aussi – surtout – pour progresser plus vite,  j’utilise une méthode fort pratique, je fréquente le forum d’un site très très sympa, et je vais bientôt aller faire un saut à la réunion mensuelle du Club Olympique d’Ukulélé de Lille et des Environs – le C.O.U.L.E. – pour rencontrer plein d’ukulélistes très fréquentables qui eux-mêmes seront pleins de conseils avisés, utiles et agréables.

Enfin, je dis « je », mais c’est un virus qui a bien évidemment également contaminé mon cher et tendre, forcément. Donc, gentils lecteurs plein de mansuétude, vous aurez l’obligeance de bien vouloir faire vous-même la bascule de la première personne du singulier à la même au pluriel. Pendant ce temps-là, j’en profite pour chaparder sans vergogne les mots d’un membre du forum dont je parlais plus haut, qui disait que c’est chouette de « r’ukuléler » à deux !

Ne vous dites pas que ce n’est pas pour vous. L’ukulélé, c’est pour tout le monde.

Ne vous dites pas que vous n’avez pas le temps. Votre ukulélé ne vous en voudra pas si vous ne le jouez que 10 mn par jour. Vous progresserez quand même.

Ne vous dites pas que c’est cher : on trouve des ukulélés à tous les prix, et ceux d’un soprano décent démarrent autour d’une cinquantaine d’euros. Montez à la centaine, et vous aurez une housse de transport, un accordeur électronique dernier cri, et la méthode dont je parlais en prime.

Ne vous dites pas que vous n’avez aucune base en musique. Vous n’en avez pas besoin. Avec les tablatures, on vous indique les notes, mais surtout le placement des doigts sur le manche. Même un enfant qui ne sait pas encore lire peut jouer de l’ukulélé.

Ne vous dites pas que c’est un instrument marginal. Au contraire, il est partout, même si vous ne l’aviez pas remarqué avant. Apprenez à le repérer – oui, c’est un peu comme « trouver Charlie », mais sans les rayures… – et redécouvrez au passage plein de morceaux que vous pensiez connaître.

Dites-vous qu’au pire, ça fera marrer vos potes. Que ça décorera votre salon. Que ça vous fournira un sujet de conversation pendant quelques semaines.

Mais si ça fonctionne, si l’alchimie opère – et cet instrument est vraiment magique, c’est moi qui vous le dit – alors votre p’tit youkou viendra ensoleiller vos longues soirées d’hiver, et aussi celles de ceux que vous aimez !

Petit P.S. pour ceux que ça intéresse : mon ukulélé est un Kala concert (KA-C) en acajou laminé. Made in China, comme 99,99% de la production mondiale. Un jour, j’aurais un très bel uku, peut-être en koa, qui sera sorti des mains habiles d’un luthier, un vrai. En attendant, ma bête n’est pas de compèt’, mais elle a un son très satisfaisant, elle est plaisante à l’œil – sans mauvais jeu de mots, l’esthétique, ça joue, et ce ne sont pas les messieurs qui me diront le contraire – et surtout elle est juste. Et aussi sans prétention : la définition même d’un ukulélé, donc !