Lever de rideau

Ce matin – d’accord, tard ce matin, à 11 heures passées, mais on est dimanche, zut, la journée de la grasse mat’ par définition ! – à peine habillée et mal réveillée, je lève lentement le volet roulant de ma chambre à coucher, soigneusement concentrée sur la brume qui n’a pas encore déserté mon cerveau. J’entrevois une tache blanche sur le toit de tôle grise devant moi. Une tâche aux yeux mutins rehaussés d’un délicat strabisme.

« Bonjour ! » Je le salue, ce minou matinal, et il ne s’enfuit pas. Serein, il me regarde, et le son de ma voix ne lui déplaît pas, apparemment.
« Bonjour ! » Je ne veux pas qu’il file, sa bouille craquante et son attitude paisible me donnent envie de lui faire une caresse.
« Bonjour ! » Je hisse d’autres volets, et au dernier passe ma tête par la fenêtre pour le voir à nouveau.

J’ai eu envie de lui faire une place sur le canapé, à ce matou en goguette. Parce qu’avoir un chat dans sa vie, c’est un truc vraiment chouette, qui me manque un peu – beaucoup. Parce que cette jeune femelle – sisi, regardez bien, elle est tricolore ! – m’a plu.

Si elle repasse par là, j’aurai du mal à lutter contre mes élans d’apprivoisement… Parce que quand même, il n’y a pas grand chose d’aussi relaxant qu’une boule de poil ronronnante sur les genoux, ni d’aussi élégant et calme qu’un félin, aussi domestique soit-il.

Wait and see…