Le plaisir de rouler, épisode 2 : l'achat

Une fois le retour de ma capacité à circuler en deux roues sans faire de coup de calcaire majeur avéré, une mesure s’imposait : recommencer à rouler au quotidien. « Pourquoi si souvent ? », me direz-vous. Parce que j’aime ça, et qu’après avoir passé pas loin de deux décennies loin des guidons, selles et pédales, il m’était impossible, demoiselle excessive que je suis, de ne pas « retomber dedans » comme quand j’étais petite – d’ailleurs, je le suis toujours

Je me suis donc, pour la toute première fois de ma vie, mise en quête du vélo de mes rêves. J’ai appris à parler dérailleurs, passage de vitesse(s) en « push/pull », potence réglable, selle gel, jantes double paroi. Je me suis étranglée devant les étiquettes à trois zéros avant de trouver mon bonheur (je vous le présenterai plus tard, mon fidèle destrier) à des tarifs plus raisonnables, équivalents au coût annuel d’une carte de transport sur la CUDL (si vous ignorez ce que c’est, c’est parce que vous n’avez pas suivi… Allez, je vous aide : la réponse est là.).
Ce n’est qu’après avoir réalisé que je ne prenais même plus les transports en commun (sauf les jours de très, très mauvais temps) que j’ai compris à quel point se déplacer à vélo est économique et écologique.

Economique d’abord : un vélo nécessite peu d’entretien, dont une grande partie peut être assurée même par un néophyte. On peut s’offrir le luxe de ne pas mettre les doigts dans la graisse, sachant que les ateliers des vélocistes pratiquent des tarifs en général raisonnables pour une révision annuelle complète. Nul besoin de payer le parking ou le garage (tous deux denrées rares en centre-ville) : un panneau, une grille (attention, ce n’est pas légal mais toléré seulement !), un palier, un balcon ou une entrée suffisent à accueillir la bicyclette. On peut souscrire pour elle une assurance spéciale, mais celle qui couvre votre domicile protège aussi vos biens ; une fois équipé d’un, voire de deux antivols de qualité, un des plus gros risques – le vol – est fortement limité.
Un vélo consomme peu, et ses sources de carburant sont variées mais rarement coûteuses. Pour les petites distances, une paire de Tic-Tac, trois bouchées de pommes ou deux fraises… Pour les longues randonnées, un litre d’eau et une barre chocolatée… D’aucuns exigent des muffins chocolat-banane-noix. C’est à vous de déterminer ce que le vôtre préfère !

Ecologique ensuite : il faut peu de matières premières pour fabriquer une petite reine, bien moins que pour une voiture. Si la seconde roule aux énergies non renouvelables, celle qui nous intéresse avance grâce à notre énergie renouvelée. Elle ne nécessite pas la mise en place de structures lourdes à mettre en oeuvre (routes larges, parkings), elle ne pollue pas à l’usage – O.K., j’avoue, je rejette sans doute un peu plus de dioxyde de carbone que d’habitude quand je pédale à fond de train dans les rues de Lille ; mais ça n’atteint pas la dizaine de grammes !
Elle est silencieuse. Vous avez déjà entendu l’ambiance d’une ville sans voiture ? Sans pollution sonore, c’est caaaalme !

Sans parler du fait que sur les courtes distances en ville, pédaler est plus rapide que de prendre le volant ! Je vous vois venir, et je vous le dis tout de go : non, ma célérité n’est pas due à des manquements au code de la route : depuis que j’ai pris une grosse – gloups – amende en négligeant de marquer l’arrêt à un feu – oui, rouge ! – et que je me suis fait copieusement sermonner par un agent de la maréchaussée fermement décidé à me rappeler à mes devoirs d’usager de la route -, je les respecte scrupuleusement (le feu rouge, le code, et l’agent de la maréchaussée).

C’est bien beau, mais il n’empêche que ma motivation principale, celle qui m’a permis de parcourir plus de 2400 km en moins de 18 mois, ça reste le plaisir ! Le vent dans les cheveux (sous le casque), la vitesse (30 km/heure quand je suis en forme), les endorphines que l’effort physique génère, tout cela y contribue.
D’ailleurs, je vais de ce pas en reprendre une bonne dose, d’endorphines, sous le soleil éclatant et pendant que les automobilistes attendent, dans leurs boites de conserve chauffées à blanc, la fin de l’heure de pointe…

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