That's how I like it


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Instants de grâce

6th July 2010

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Les frissons courent sur la peau, incontrôlables. On anticipe autant le plaisir à venir qu’on savoure le présent. La musique fait battre le coeur plus vite, l’impact du son fait vibrer les poumons en rythme ; ni les pieds, ni la tête ne tiennent en place, et on vit avec la foule quelque chose d’incroyable, une histoire d’amour brève et intense pour l’artiste dont la voix merveilleuse et la personnalité unique créent un moment magique.

Dire que j’aime les concerts serait un euphémisme : je m’en fais une joie des mois à l’avance. C’est pour cela que je n’y vais pas trop souvent : la beauté de ces moments extraordinaires reste ainsi intacte.
Quand j’ai vu ce qui allait se tramer le troisième jour du Main Square Festival, je n’ai pas hésité une seule seconde : trois chouettes chanteuses à l’affiche, ça ne se rate pas, sous peine de regrets mordants.

Avant-hier donc, équipée comme pour un raid (eau à gogo, ravitaillement sucré maison – merci Jeanne ! –  et couverture pour squatter sans douleur au derrière le sol caillouteux de la place d’arme de la citadelle d’Arras), me voilà partie – avec la meilleure compagnie qui soit, j’ai nommé mon cher-et-tendre – pour quelques heures de concerts époustouflants.

Démarrage en beauté avec l’inimitable Beth Ditto :

plus que plantureuse, sa voix immense portée par une personnalité aussi affirmée que généreuse, elle titille, joue avec le public, provoque et fait rire. Frissonner aussi, tant elle se donne. Elle reprend Tina Turner avec conviction et émotion ; elle fait d’un soutien-gorge lancée par une fan, bien trop petit pour sa vaste poitrine, une comique jarretière. Pour désamorcer le célèbre hymne à l’amour de Whitney Houston, elle le ponctue d’un rot mignon qui surprend et fait rire la foule conquise. Elle s’essaye aussi maladroitement que sincèrement à parler un français plutôt correct. Pour résumer tout cela en un seul mot : « touché(e) », elle par la grâce et nous par elle.

Après une attente agréable à la presqu’ombre qui rampe lentement sur l’étendue de terre battue, vidée de la moitié de ses festivaliers assoiffés partis en quête d’une bière fraîche – c’est qu’elle dessèche la gorge et envahit le nez, la poussière soulevée par les milliers de personnes présentes ; sans mentionner les odeurs « aromatiques » qui attestent qu’un peu partout, certaines substances pas vraiment licites sont fumées -, arrive le deuxième opus de ce bel après-midi : Pink, et son cirque hollywoodien. C’est spectaculaire, de la chute ailée du haut d’un cube porté par une énorme grue, à la balle de hamster surdimensionnée à bord de laquelle la célèbre chanteuse flotte sur un océan de spectateurs, en passant par la scène – rose, évidemment – où nombre de choristes et musiciens se déchaînent, montent les marches et dévalent le toboggan. Ca m’amuse, mais ça ne me touche pas vraiment. Je crois que j’attends déjà celle pour laquelle j’ai fait le déplacement.

Pour Florence (+ The Machine), aucun mot ne me vient à l’esprit. Pendant une heure, je me suis laissée porter par sa voix, sentant parfois des larmes – de bonheur ! – prêtes à couler sous l’effet conjugué de la musique, du rythme et du talent de la très rousse chanteuse britannique. Si ! J’étais subjuguée, en transe presque. Quand Florence saute, tout le monde saute, et c’est parti pour un enthousiaste trémoussage collectif – « C’est pas sur Florence qu’on risque de pogoter ! » Eh bien si ! Quand Florence chante, c’est de mille gorges que les paroles de ses chansons surgissent : ils sont là, les fans ébahis et envoutés, et j’en fais partie, prise de la même admiration pour cet incroyable organe vocal à peine contenu dans un corps un peu frêle que la robe de blanche mousseline rend encore plus irréel. Toute en contraste, Florence partage avec Beth Ditto – dans les coulisses de qui elle s’est glissée un moment – cette énergie irrépressible qui l’habite toute entière et nous gagne.

Je m’arrêterai là, mes dithyrambes risqueraient sérieusement de vous lasser.
Un seul mot concernant le dernier concert de la soirée : terriblement bruyant – je sais, ça fait deux, et je n’ai même pas l’excuse de ne pas savoir compter. Mêmes les effets lumineux et pyrotechniques plutôt grandioses ne sont pas parvenus à nous retenir au delà de la troisième chanson. Et c’est mieux ainsi : j’ai pu repartir avec dans la tête – et sans doute dans le coeur aussi – les voix magnifiques de deux femmes extraordinaires !

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