Guide Cosmétox de Greenpeace (2005-2007)

Il y a huit ans de cela déjà, Greenpeace proposait au grand public une courte publication-vérité sur les cosmétiques qui allait bouleverser ma vie de consommatrice : le Guide Cosmétox.

C’est grâce à lui que j’ai appris à lire les étiquettes, à déchiffrer les compositions, à ne pas me fier aux appellations trompeuses et aux logos verts qui cachent des produits sales.

On riait hier encore des lanceurs d’alerte sur le bisphénol A. Aujourd’hui, ce perturbateur endocrinien est légalement interdit dans de plus en plus d’objets, dont les contenants alimentaires. On ne dira rien des phtalates, autre belle cochonnerie, qui elle continue sa petite vie bien tranquille sur les étagères de nos épiceries (l’eau minérale en bouteille plastique souple, ça vous dit quelque chose ? Le nutella ?). Enfin, tant que le Conseil Européen pour Plastifiants et Intermédiaires nous (dés)informe dans son site sur les phtalates que ces substances ne sont pas dangereuses, on n’a rien à craindre, n’est-ce pas ? C’est vrai, quoi, l’agence du médicament, elle, nous explique gentiment que « seulement 3 de ces plastifiants posent problème« , et que c’est pour cela que 5 – sur les 6 actuellement utilisés – d’entre eux ne seront plus autorisés dans les médicaments dans 18 mois.

Prenez-moi pour une conne. Allez-y. C’est gratuit. Tiens, ça ferait un bon #achetague sur twitter, ça. Oui, je sais, je fé se ke jeu veu avek lortograf (pardon pour le saignement d’œil. D’yeux. Je le referas plus.).

J’aimerais que demain – matin, de préférence, il n’est jamais trop tôt pour (ré)agir – on réalise que « principe de précaution » n’est pas un gros mot, mais un concept qui nous a permis, en tant qu’espèce, d’être encore aujourd’hui sur notre – de moins en moins – belle planète.

J’aimerais qu’au lieu de faire une confiance aveugle à des gens dont le travail est de marger à mort sur tout et n’importe quoi – mais de préférence quelque chose de pas cher à produire et de grande consommation – tout le monde apprenne (à l’école ?) à décrypter des listes d’ingrédients INCI, celle que les industriels affichent à grand regret et en petit sur leurs produits. Tous les industriels, qu’ils vendent des cosmétiques de luxe ou en supermarché. Tiens, tant que j’y suis, ça vaut pour la bouffe aussi. Et le mobilier, la papeterie, l’habillement, le logement – ben oui : le plomb, l’amiante…  Quoi, vous n’êtes pas encore parano ? Vous avez tort. Quand je vous dis que le Guide Cosmétox a changé mon existence, je ne mentais pas…

Apprendre, comprendre : le savoir, c’est le pouvoir. Et dans cette ère magique de l’internet et de l’information au bout des doigts, nous n’avons jamais été aussi bêtes, aussi dociles qu’aujourd’hui. Et n’avons jamais eu la possibilité de sortir aussi facilement de notre ignorance, et à si peu de frais.

Vous savez quoi ? Là, tout de suite, j’ai envie de poser mes mains sur vos épaules, de vous regarder droit dans les yeux, et de vous dire : réveillez-vous.

Mais j’aurais l’impression de jouer une scène mille fois tournée, de reprendre un poncif plus qu’éculé. Ça a été fait. Refait. Vu. Revu.

Je ne sais pas si ça sert à quelque chose. Mais je peux toujours essayer…

On y va ? Ahem… 1, 2, 1, 2, mike check

Je me lance.

Vous êtes curieux ? Curieuse ? Les deux ?
Vous avez 3 minutes à perdre (ou à m’offrir, vous pouvez aussi le voir comme ça) ?
Vous vous lavez les dents ? Vous vous rasez ? Vous utilisez du shampooing ?

Alors vous êtes forcément concerné(e) par ceci :

Guide Cosmétox juillet 2007

Et ne passez pas l’intro, hein, c’est la partie la plus intéressante. Le reste, c’est une belle et longue liste de cosmétiques classés rouge, orange ou vert en fonction de leur composition. Pratique, mais sans doute plus parfaitement d’actualité (la seconde et dernière édition date de 2007, ça commence même à faire un bail). Dis, Greenpeace, tu crois que je pourrais trouver au pied de mon sapin un Guide Cosmétox 2013 2014 ?

Virginie

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