Google + (on a dit pleusse, c'est de l'anglais bon sang !)

C’est tout nouveau, c’est tout beau, ça brille encore. Ça sent même le neuf (et non pas les œufs).

C’est limite confidentiel (si tant est qu’un truc pondu par le gentle giant qu’est Google puisse passer inaperçu). Et la rareté des invitations (savamment orchestrée, ne nous leurrons pas !) contribue grandement à cette impression. En tout cas, ça se propage lentement, mais sûrement. Bel effet de Buzz (hihi !).

Ce n’est pas Facebook, cette énorme machine à brasser du flouze qui vous chipe sans vous le demander vos informations personnelles, les droits sur vos contenus, et en échange vous fourgue toujours plus de pub et de jeux à la con. À la con, j’insiste : quand on pourra jouer à World of Goo, et seulement à ce moment-là, je réviserai peut-être mon jugement à l’emporte-pièce. Mais ça en a les fonctionnalités de partage et de microblogging, avec une lisibilité accrue et une gestion des listes très visuelles : les cercles permettent en effet d’identifier clairement auprès de qui on diffuse son statut, ses photos ou ses vidéos. Le paramètrage est simple, la confidentialité est donc assez facile à obtenir (et on l’espère à garder !).

Ce n’est pas Twitter non plus, même si on peut mettre en ligne des infos et en consulter de la même manière que sur le site/l’appli à l’oiseau bleu, c’est-à-dire à l’attention de tous les googleplusnautes qui s’abonnent (un cercle préexiste à cet effet, c’est plutôt bien pensé).

C’est du pur Google, avec des éléments du (pas si) défunt Wave (un petit bijou victime de son manque de popularité) qui permettent de chatter à plusieurs ; d’autres de Gmail (Gtalk en plus gros, et avec la webcam conférence possible pour plusieurs personnes simultanément) comme tous ses contacts, par exemple ; d’autres encore de Picasa, parfaitement intégré (pour couvrir la fonctionnalité Photos de FB, mais en mieux, puisqu’on peut même faire de la retouche avec Picnik).

C’est sans parler des fonctionnalités couplées à la géolocalisation qui en font un concurrent direct de Foursquare. Ça en fait, des plates-bandes à piétiner !

Tout ça soigneusement présenté suivant une charte graphique épurée que Google a généralisé à tous ses produits ces derniers jours. Pour (vous reprendrez bien un peu de jargon ?) que l’expérience utilisateur se fasse de manière seamless (« sans coutures visibles »), et que l’on se sente partout en terrain familier. J’avoue que ça ne me laisse pas de marbre (ben oui, je suis un petit peu geek sur les bords à l’occasion…).

Est-ce que j’aime ? Non, je ne peux pas aimer, puisque + ne dispose pas de l’arme surpuissante d’information massive qu’est le bouton J’aime (pour ceux qui ne le savent pas, leurs clics sur ce petit rectangle alimentent une énormissime base de données qui permet aux grosses boites et aux annonceurs de mieux cibler et d’optimiser leurs pubs… Rien de bien nouveau, me direz-vous, et vous aurez raison). Google, dans sa crise d’ego, a décidé de créer son propre J’aime, j’ai nommé le +1.

Je ne suis pas sûre que sémantiquement, ce truc qui nous fait grossir les rangs des amateurs (de Nutella, de Kasabian ou de causes justes et vitales), qui n’a plus recours aux lettres mais au chiffre, qui oublie la première personne pour parler dans un langage certes international mais un peu froid, qui au fond nous noie dans la masse anonyme soit vraiment fait pour moi.

Il ne me reste qu’à voir ce que ce nouveau jouet pour accros de l’écran va devenir, dans quelle direction il va évoluer. Google a toujours su montrer une certaine réactivité, et je suis prête à parier que cette fois, nous avons les ingrédients pour un nouveau réseau social planétaire. Reste une question : la mayonnaise va-t-elle prendre ?